Le problème : la vraie voyance gratuite n'existe pas
Un voyant est un professionnel. Il facture son temps comme un médecin, un avocat ou un coach. Une « voyance 100% gratuite par téléphone » est économiquement impossible dans la durée. Si quelqu'un vous l'offre, c'est qu'il se rembourse ailleurs — et la question est : comment ?
Mécanisme 1 — Les « 10 minutes offertes » qui ne le sont pas
Vous appelez un numéro classique (souvent un 01 ou un 09). Les 10 premières minutes sont effectivement « gratuites »… mais elles servent à vous mettre en confiance, à toucher un point sensible, puis à vous proposer de basculer sur la ligne premium à 2 ou 3 € la minute pour « approfondir ». Vous payez largement les minutes prétendument offertes en bout de course.
Mécanisme 2 — Le forfait CB déguisé
« Première consultation gratuite ! » — vous renseignez votre carte « juste pour valider votre majorité ». 14 jours après, prélèvement automatique d'un forfait mensuel à 29,90 € ou 49,90 €, parfois bien plus. La rétractation au sens du Code de la consommation devient un parcours du combattant.
Mécanisme 3 — La capture de données revendues
Voyance « gratuite » contre formulaire complet : nom, date de naissance, email, téléphone, parfois adresse. Ces données partent dans des bases qui sont revendues à d'autres officines — voyance, marabouts, paris, crédits. Vous serez démarché pendant des années.
Mécanisme 4 — Le bot qui imite un humain
Voyance « gratuite » en ligne par chat ou voix synthétique : un programme aligne des banalités astrologiques. Vous croyez parler à un voyant, vous parlez à un script calibré pour vous garder en ligne. La voyance « pure » est, par définition, incompatible avec un automate.
Pas de gratuit factice. Tarif affiché clairement : 0,45 €/min au 0890 30 30 70 (audiotel sans CB), ou dès 10 € au 01 71 28 65 09 (ligne privée CB). Pas d'abonnement, pas de prélèvement, pas de revente de données. Vous payez ce que vous consommez, c'est tout.
Que faire si vous avez été piégé
- Faites opposition immédiate à toute carte bancaire utilisée
- Signalez sur SignalConso (signal.conso.gouv.fr) — c'est rapide et tracé
- Si vous êtes en situation de fragilité (maladie, deuil, dépendance), l'abus de faiblesse est punissable (article 223-15-2 du Code pénal — 3 ans de prison, 375 000 € d'amende)
- Contactez une association de consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV, INC)
- Si la somme est importante, parlez-en à votre banque et à un avocat